Electricité : changement de régime pour les lignes souterraines et les postes des réseaux publics et des câbles privés

En matière d’électricité, les lignes souterraines et les postes des réseaux publics et des câbles privés n’auront plus à subir un régime d’approbation préalable de projet d’ouvrage. A la place, se met en place un régime de contrôle externe par une tierce partie indépendante. Ainsi en a décidé un nouveau décret (n° 2018-1160 du 17 décembre 2018 d’application de l’article L. 323-11 du code de l’énergie ; NOR: TRER1825158D), publié au JO de ce matin. Ce texte supprime aussi l’obligation d’inscription des câbles privés dans le système d’information géographique des gestionnaires des réseaux publics, qui n’a plus de raison d’être depuis la création du guichet unique des canalisations.

Sur ce dernier point, voir :

 

Voici ce texte :

 

Article 1

Le premier alinéa de l’article R. 323-25 du code de l’énergie est remplacé par les dispositions suivantes :
« Sans préjudice des conditions prévues par d’autres réglementations, à l’exception des lignes électriques aériennes dont le niveau de tension est supérieur à 50 kV, la construction des ouvrages des réseaux publics d’électricité mentionnés à l’article R. 323-23 fait l’objet, avant le début des travaux, d’une consultation des maires des communes et des gestionnaires des domaines publics sur le territoire ou l’emprise desquels les ouvrages doivent être implantés ainsi que des gestionnaires de services publics concernés par le projet. A cette fin, le maître d’ouvrage leur transmet un dossier comprenant : ».

Article 2

Le premier alinéa de l’article R. 323-26 du même code est remplacé par les dispositions suivantes :
« Sans préjudice des conditions prévues par d’autres réglementations, tout projet de construction d’une ligne électrique aérienne d’un réseau public d’électricité mentionné à l’article R. 323-23 dont le niveau de tension est supérieur à 50 kV fait l’objet, préalablement à son exécution, d’une approbation par le préfet dans les conditions fixées par l’article R. 323-27. Aucune approbation n’est requise au titre du présent article pour l’exécution des travaux d’entretien, de réparation, de dépose et de remplacement à fonctionnalités et caractéristiques similaires ainsi que pour les travaux de reconstruction ou de renforcement provisoire réalisés en cas d’urgence. »

Article 3

Le quatrième alinéa de l’article R. 323-29 du même code est supprimé.

Article 4

L’article R. 323-40 du même code est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. R. 323-40. – Les ouvrages situés en amont du point d’injection par les producteurs sur le réseau public d’électricité et ceux qui sont situés en aval du point de raccordement des consommateurs au réseau public, qui sont sous tension et qui empruntent ou surplombent le domaine public ou des terrains privés, sont soumis aux dispositions suivantes.
La construction des lignes électriques aériennes dont le niveau de tension est supérieur à 50 kV est soumise à la procédure d’approbation d’ouvrage prévue aux articles R. 323-26 et R. 323-27. Le préfet peut refuser d’approuver le projet d’un tel ouvrage notamment si ce projet lui apparaît incompatible ou redondant avec les missions confiées aux gestionnaires de réseaux publics d’électricité en application du livre III. Préalablement à sa décision, le préfet consulte, sur la base du dossier prévu à l’article R. 323-27, les gestionnaires des réseaux publics concernés, qui disposent d’un mois pour se prononcer. Passé ce délai, leur avis est réputé donné.
La création et la modification des ouvrages définis au premier alinéa, autres que les lignes aériennes mentionnées au deuxième alinéa et les lignes sous-marines, font l’objet d’un contrôle de conformité sur pièces et sur place, par un organisme agréé. L’exploitant des ouvrages tient les attestations délivrées par l’organisme agréé à disposition des autorités compétentes. Un arrêté du ministre chargé de l’énergie définit les prescriptions dont le respect fait l’objet du contrôle et les modalités de ce contrôle.
La conception et l’exécution des ouvrages mentionnés au premier alinéa se conforment à l’arrêté mentionné à l’article R. 323-28. Ces ouvrages sont soumis aux dispositions relatives à l’exploitation mentionnées aux articles R. 323-33 à R. 323-35. L’exploitant signale tout accident sur ces ouvrages dans les conditions prévues à l’article R. 323-38. Leur déplacement s’opère suivant les règles définies à l’article R. 323-39. Ils sont soumis au contrôle des champs magnétiques défini aux articles R. 323-43 à R. 323-48.
Un arrêté du ministre chargé de l’énergie précise les ouvrages qui ne sont pas soumis à tout ou partie des dispositions mentionnées au présent article en raison de la simplicité de leurs caractéristiques, de la modicité des risques présentés ou du fait qu’ils sont soumis à d’autres réglementations visant à réduire leurs risques. »

A l’article R. 323-42 du même code, les mots : « mentionnées à l’article 17 du règlement (CE) n° 714/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 » sont supprimés.

Article 6

Le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 17 décembre 2018.