Dépendance : le « baluchonnage » entre dans notre droit, à titre expérimental

Citons le wiktionnaire (voir ici) :

« Baluchonnage – Créé par la gérontologue québécoise Marie Gendron à partir de baluchon avec le suffixe -age : le baluchonneur arrive « avec son baluchon » dans la maison de l’aidant, qui pendant le temps de sa présence, peut partir se reposer physiquement et psychologiquement. […] Système de soutien permettant de garder à domicile les malades, en particulier ceux atteints d’Alzheimer : un baluchonneur remplace l’aidant le temps que celui-ci se ressource. »

 

Ce baluchonnage (ou « reliage ”) sera expérimenté dans le cadre de l’article 51 de la loi du 10 août 2018 (dite ESSOC, ou société de confiance ou « droit à l’erreur ») au titre du décret 2018-1325 du 28 décembre 2018, que voici :

Ce décret fixe donc les conditions dans lesquelles l’établissement ou le service employant ou plaçant le salarié volontaire participant à l’expérimentation s’assure de l’effectivité du repos compensateur lorsque celui- ci est accordé pendant l’intervention. Il fixe également en annexe le cahier des charges pour la mise en œuvre de l’expérimentation dans le cadre des prestations de suppléance à domicile du proche aidant et celui applicable dans le cadre des séjours de répit aidants-aidés.

Une information utile, donc, pour les départements (notamment les MDPH), les EHPAD (même si la question ici posée est en amont de l’entrée en EHPAD) et les CCAS.

 

 

Plus largement, sur cette loi, voir :

 

MISE AU JOUR AU 24 JANVIER 2019 : de nombreux professionnels ont plutôt tendance à déplorer que la version française du baluchonnage soit en deçà de ce qui est pratiqué au Québec (source https://www.directions.fr ; lettre aux abonnés en date du 24 janvier 2019). Voir aussi en ce sens :

 

Ce sont ainsi ces 9 fédérations qui ont uni leurs forces pour déplorer ce texte : APF France Handicap ; Autisme France ; FEPEM ; FEHAP ; Fédération Mandataires ; Nexem ; UNA ; UNAFAM ; UNIOPSS.

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Voici leur communiqué de presse commun qui résume leurs critiques (angle trop limité au droit du travail ; expérimentation par des structures déjà surchargées qui auront du mal à mettre cela en place ; non prise en compte des suggestions formulées lors de la phase de concertation…) :