Peut-on inclure des lots non destinés à être bâtis dans le périmètre d’un lotissement ?

Peut-on inclure des lots non destinés à être bâtis dans le périmètre d’un lotissement ? La réponse donnée para le Conseil d’Etat par un arrêt à publier aux tables du recueil Lebon est : OUI. Oui à deux conditions cumulatives :

  • si cette inclusion est nécessaire à la cohérence d’ensemble de l’opération
  • et si la réglementation qui leur est applicable est respectée.

 

Certes, la notion de lotissement a toujours été liée à une division foncière pour construire. Aujourd’hui, une opération d’aménagement ayant pour effet la division d’une propriété foncière en plusieurs lots constitue un lotissement, au sens de l’article L. 442-1 du code de l’urbanisme, s’il est prévu d’implanter des bâtiments sur l’un au moins de ces lots. Et, naturellement, rappelle le Conseil d’Etat, une telle opération doit respecter les règles tendant à la maîtrise de l’occupation des sols édictées par le code de l’urbanisme et les documents locaux d’urbanisme.

Il appartient, en conséquence, à l’autorité compétente de refuser le permis d’aménager sollicité lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu’elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, le projet de lotissement prévoit l’implantation de constructions dont la conformité avec les règles d’urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d’urbanisme requises.

Toutefois, précise la Haute Assemblée, la circonstance que certains lots ne soient pas destinés à accueillir des constructions ne fait pas obstacle, par elle-même, à la réalisation d’une opération de lotissement incluant ces lots, dès lors que leur inclusion est nécessaire à la cohérence d’ensemble de l’opération et que la réglementation qui leur est applicable est respectée.

Source : CE, 30 janvier 2020, n° 419837.

 

N.B. : nous aimons tellement cet arrêt que nous l’avons commenté deux fois ! Voir notre autre commentaire :