Demande de certificat d’urbanisme : errare humanum est !

Par une décision rendue le 22 juillet 2020, le Conseil d’Etat vient d’étendre aux certificats d’urbanisme l’application de sa jurisprudence relative aux permis de construire délivrés sur la base d’un dossier contenant des informations imprécises ou inexactes.

Pour le juge administratif, les éventuelles erreurs qu’a pu commettre l’administré dans la constitution du dossier de sa demande de certificat d’urbanisme ne s’opposent pas forcément à la délivrance dudit certificat.

S’il est délivré, le certificat d’urbanisme ne sera illégal que s’il est établi que les informations erronées figurant dans la demande ont été de nature à fausser l’appréciation par les services instructeurs de la conformité du projet.

Tel n’est pas forcément le cas lorsqu’une demande de certificat d’urbanisme opérationnel ne précise pas la localisation exacte des bâtiments dont la construction est envisagée  :

« Les dispositions de l’article R. 410-1 du code de l’urbanisme prévoient, dans leur rédaction applicable au litige, que la demande de certificat d’urbanisme est accompagnée d’une note descriptive succincte de l’opération indiquant, lorsque le projet concerne un ou plusieurs bâtiments, leur destination et leur localisation approximative dans l’unité foncière. Toutefois, la circonstance que les documents produits à l’appui d’un dossier de demande de certificat d’urbanisme seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n’est susceptible d’entacher d’illégalité le certificat d’urbanisme qui a été accordé que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l’appréciation portée par l’autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.En l’espèce, s’il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que la note descriptive succincte du projet n’indiquait pas la localisation approximative des bâtiments qu’il était projeté de construire sur la parcelle concernée, il en ressort également que, si un projet de construction sur la parcelle voisine faisait l’objet d’une demande de permis de construire, aucune construction ne se situait alors à proximité du terrain d’assiette. Dès lors la cour a pu, sans dénaturation ni erreur de droit, juger que cette omission dans la notice descriptive du projet n’avait pas eu d’incidence sur l’appréciation portée par l’autorité administrative et écarter ainsi le moyen tiré du caractère incomplet du dossier joint à la demande de certificat d’urbanisme »

Lorsqu’il demande un certificat d’urbanisme, l’administré a donc – mais dans une certaine mesure seulement – le droit à l’erreur.

Ref. : CE, 22 juillet 2020, Association Sauvegarde des Boutets, req., n° 428023. Pour lire l’arrêt, cliquer ici