Bayard est mort, mais ses ossements ne se rendent pas

La vie de Pierre Terrail, seigneur de Bayard, entré dans la postérité sous le nom de chevalier Bayard, a été narrée par Jacques de Mailles, dans la « Très joyeuse et très plaisante histoire du gentil seigneur de Bayart, le bon chevalier sans peur et sans reproche ».

Sans peur… sans reproche… et plus ou moins sans sépulture à ce jour.

Citons Wikipedia :

« Il agonise dans le camp adverse, pleuré par ses ennemis. Son corps est ramené en France […].
Sa sépulture est profanée à la Révolution. Pour faire plaisir au roi de France Louis XVIII, le préfet de l’Isère fait transférer ses restes présumés le 24 août 1822 en la collégiale Saint-André de Grenoble et, en 1823, une statue est élevée en son honneur sur la place Saint-André, située non loin de la rue Bayard. Mais ces restes s’avèrent être ceux d’une jeune fille. Puis en 1937, un passionné relance des fouilles à Saint-Martin d’Hères et trouve trois cercueils alignés, dont un abrite un officier portant une plaque. Les restes de cet officier sont entreposés dans les années 1960 aux archives départementales de l’Isère. Depuis 2013, son descendant Jean-Christophe Parisot de Bayard a entrepris des démarches d’identification génétique du crâne supposé de Pierre Terrail. Les résultats de cette étude de l’ADN mitochondrial de ce crâne, annoncés en 2017, confirmeraient qu’il s’agit de lui mais elles ont été menées par le professeur Gérard Lucotte, un scientifique mis au ban de sa communauté. »

Quand ça ne veut pas….

Nouveau rebondissement dans cette affaire, au TA cette fois, dont les salles d’audience remplacent les champs de batailles des siècles passés.

Des preux y combattent bravement, le code à la main et l’épitoge au vent, le masque sanitaire arboré fièrement en lieu et place des heaumes d’antan.

Mais pour les requérants, ce fut Pavie plus que Marignan.

L’objet de ces combats : la possession des augustes reliques. Ou supposées telles. Morceaux de la vraie croix de ces incertains combats.

Le conseil départemental de l’Isère conserve en effet, dans ses archives, depuis 1966, à la demande de la commune de Saint-Martin d’Hères, une partie des ossements humains découverts en 1937 lors de fouilles archéologiques à Saint-Martin d’Hères dans le caveau Bourchenu, parents du chevalier Bayard.

Estimant que la dépouille du chevalier Bayard, mort en 1524, se trouve dans ces archives, les consorts Parisot de Bayard en ont demandé la restitution auprès du département de l’Isère et de la commune de Saint-Martin d’Hères.

Le tribunal a estimé qu’à défaut d’identification formelle des ossements revendiqués, et sans qu’il ait lieu de se prononcer sur leur intérêt légitime, les consorts Parisot de Bayard ne sont pas fondés à en demander la restitution.

Et c’est en ce jour, le 23e du mois de décembre, en l’an de grâce 2021, plus connu comme étant celui de la Saint Amand, que le Tribunal administratif a rendu ce jugement de peu de foi :

 

A comparer (mais au stade des ossuaires) avec TA Nantes, 17 novembre 2021, n°1908347 et TA Paris, 4 mai 2017, n°1608066/4-3. (voir ici et ).

 


En savoir plus sur

Subscribe to get the latest posts sent to your email.