In hoc signo vinces… si solam autem antiquiores est…

En matière de croix ou autres signes religieux, sur les espaces publics de la commune, schématiquement :

  • une croix peut rester dans un cimetière ou dans un espace public si ladite croix date bien d’avant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 (sous réserve des règles propres à l’Alsace et à la Moselle bien sûr). La croix vainc… à la condition d’avoir 114 ans. In hoc signo vinces… si solam est autem antiquiores …
    Voir à ce sujet

  • Il en va de même pour un calvaire sur domaine privé communal mais avec une précision importante : c’est au requérant qu’il incombe selon un TA de prouver que les signes religieux dans un cimetières sont postérieurs à 1905 (et donc, sauf usage privatif, ou sauf à se trouver en Alsace ou en Moselle, illégaux). Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a donc rejeté la requête dirigée contre le refus de la commune de Bernes-sur-Oise d’enlever le calvaire se trouvant dans le cimetière communal. Le tribunal a considéré qu’il n’était pas démontré que le calvaire avait été érigé après l’entrée en vigueur de la loi du 19 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat. Le TA admet aussi (bien sûr) des restaurations postérieures à 1905. Voir :

 

… étant rappelé que la date de 1905 ne joue pas, sauf peut-être en Alsace et en Moselle, pour les biens mobiliers ! Voir :

 

Et après 1905 ? Après 1905, s’applique une laïcité stricte mais :

C’est ainsi que le juge censure avec constance l’apposition de croix postérieures à 1905 sur le domaine public (voire privé) communal. Voir par exemple voir Signes religieux : résurrection de la loi de 1905 dans la commune de Saint-Pierre-d’Alvey, puis CE, 11 mars 2022, n°454076, 456932 

Aussi ne sera-t-on pas surpris de voir le TA de Bastia apporté sa pierre à l’édifice laïc en censurant, par un jugement du 10 octobre 2025, le refus du maire d’une commune d’enlever une croix chrétienne implantée sur le territoire de la commune (l’édification de cette croix en 2022 était censée remplacer une ancienne croix mais le cadastre de 1880 n’allait pas en ce sens et la commune n’avait pas de pièces suffisamment probante à produire sur ce point semble-t-il).

  Source :

TA Bastia, 10 octobre 2025, F. c/ commune de Quasquara, n° 2300438

Voir le commentaire sur le site du TA :


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