Une circulaire pour la féminisation des titres mais contre l’écriture inclusive

Voici le texte de la déjà fameuse circulaire du Premier Ministre sur la féminisation des titres, mais contre l’écriture inclusive. Cette circulaire a été beaucoup commentée hier, mais ce n’est que ce matin qu’elle se trouve publiée au JO.

Ce texte n’est qu’une circulaire. Pour les agents de l’Etat, il vaut ordre hiérarchique s’agissant des rédactions de textes à publier au JO (et même au delà). Pour les autres autorités publiques de la République, ce texte n’a pas de valeur juridique si ce n’est indicative.

 

Circulaire du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française

NOR: PRMX1732742C

 
 
Le Gouvernement est résolument engagé dans le renforcement de l’égalité entre les femmes et les hommes. Son action dans ce domaine passe à la fois par des mesures concrètes, que la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a pour mission de proposer dans l’ensemble des politiques publiques et par une démarche éducative et culturelle à laquelle se rattache la lutte contre les stéréotypes qui freinent le progrès vers une égalité plus réelle.
Dans les actes administratifs, vous veillerez à utiliser les règles suivantes :
– Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes.
– Les textes qui désignent la personne titulaire de la fonction en cause doivent être accordés au genre de cette personne. Lorsqu’un arrêté est signé par une femme, l’auteure doit être désignée, dans l’intitulé du texte et dans l’article d’exécution, comme « la ministre », « la secrétaire générale » ou « la directrice ».
– S’agissant des actes de nomination, l’intitulé des fonctions tenues par une femme doit être systématiquement féminisé – sauf lorsque cet intitulé est épicène – suivant les règles énoncées par le guide d’aide à la féminisation des noms de métier, titres, grades et fonctions élaboré par le Centre national de la recherche scientifique et l’Institut national de la langue française, intitulé « Femme, j’écris ton nom… ».
– Suivant la même logique, je vous demande de systématiquement recourir, dans les actes de recrutement et les avis de vacances publiés au Journal officiel, à des formules telles que « le candidat ou la candidate » afin de ne pas marquer de préférence de genre.
– En revanche, je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive, qui désigne les pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l’emploi du masculin, lorsqu’il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l’existence d’une forme féminine. Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’Etat doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme.
Je vous remercie de veiller à la bonne application de ces principes par l’ensemble des services placés sous votre autorité.

Edouard Philippe

Et notre Premier Ministre évoquant irrésistiblement le capitaine Haddock, laissons le mot de la fin à Hergé… au premier ou au second degré comme il plaira à chaque internaute :

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A propos Éric Landot

Avocat fondateur du cabinet Landot & associés, partenaire juridique de la vie publique.