Eau et assainissement : l’étrange croisade de l’AMRF

L’Association des maires ruraux de France (AMRF ; à ne pas confondre avec l’AMF bien sûr) vient de lancer, avec un ton polémique qui lui est devenu familier depuis quelques années, une croisade anti transfert des compétences eau et assainissement. Avec moult colères et une pétition à l’appui.

Voir :

 


Nous ne nous plaçons pas sur le terrain du point de savoir si ce transfert de compétences est, ou n’est pas, une bonne chose en soi.

Nos lecteurs n’ont certes pas besoin de nous pour se forger une opinion sur ce sujet.

Mais interrogeons nous sur le timing et sur le ton de cette demande de l’AMRF.

 


 

Car c’est une étrange philippique que celle de AMRF qui demande, réclame, exige… des choses proches de ce qui a été concédé il y a 15 jours par le Premier Ministre devant le Congrès des Maires. Voir :

 

L’AMRF a-t-elle omis de le noter ? Non car un des titres de ce texte fait référence à l’annonce du Premier Ministre (sur un droit de bloquer le transfert de la compétence comme pour le PLUI) comme étant un pis-aller par rapport à leur demande d’un maintien de ces attributions (eau et assainissement) en compétences optionnelles, purement et simplement, comme envisagé un temps par le Sénat.

Mais cette mention n’apparaît que dans un titre, un peu comme si le texte avait été préparé avant le Congrès des maires et remanié à la hâte, voire à la va-vite, après l’annonce gouvernementale ? Ou autre ?

Soit l’AMRF veut réellement que l’Etat recule encore plus et nous dirons en ce cas que leur optimisme est au moins à la hauteur de l’agressivité du texte.

Soit l’AMRF avait prévu une grande campagne de presse et ils se sont trouvés dépourvus quand devant l’AMF le Premier Ministre a répondu à leur attente et en ce cas il s’agit d’un replâtrage d’un coup de com’ tombé à l’eau ?

Ou autre ?

Etrange, étrange démarche… S’il s’agit de préparer le lobbying avant les débats parlementaires, la méthode du bourre pif en pleine paix (en train d’être retrouvée) est maladroite.

S’il s’agit de nager dans le sens du courant pour plaire aux maires ruraux, le risque pour cette association est grand, selon nous, que ce qui a été obtenu par l’AMF suffise à dégonfler la fronde et à paraître outrancière la demande courroucée.

Reste une hypothèse. Ce ne serait que le plaisir de râler. Mais ce sport national n’est-il pas lui aussi d’un autre âge ?

 

 

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A propos Éric Landot

Avocat fondateur du cabinet Landot & associés, partenaire juridique de la vie publique.