Covid : les casinos jouent et perdent

Deux bandits manchots, par le covid désargentés, voulaient au tribunal administratif de Lyon se refaire une main. Ils voulaient que leurs clients pleins aux as retrouvent le chemin des casinos, au lieu de se tenir à carreau dans le monde confiné des plaisirs désargentés.

Leur recours fut rejeté, ce qui en soi n’est pas totalement surprenant (même si dans d’autres domaines la jurisprudence évolue ; par exemple pour les salles de sport : voir ici et ).

Ce qui l’est plus, c’est que ce soit sur le critère de l’urgence que le recours des casinos ait été rejeté.

Pour caractériser l’urgence de leurs demandes, les sociétés requérantes se prévalent de la perte financière qu’engendre chaque jour la fermeture au public de leurs établissements. Le juge des référés constate toutefois qu’elles n’apportent aucun élément justifiant d’une menace qui pèserait à brève échéance sur l’équilibre financier de leurs casinos et ne justifient pas ainsi du caractère d’urgence qui s’attache à leurs demandes, condition nécessaire à l’intervention du juge du référé liberté.

Bref, à rebours des paroles de Jacques Brel… faut pas jouer l’urgence quand on est riche. Car être plein aux as, c’est paradoxalement manquer d’atout.

Voir TA Lyon, ord., 13 octobre 2020, n° 2007224 et 2007245