La LFR pour 2022, du 16 août 2022, aura été une étape importante, après l’ordonnance du 15 septembre 2021, pour la généralisation de la facturation électronique dans les opérations commerciales en France. Une révolution qui a déjà été largement préfigurée par le secteur public pour ce qui est des fournisseurs via Chorus Pro. Mais cela va rester un défi pour la facturation des clients / usagers des services publics…
D’une manière générale, pour l’ensemble de l’économie, avait été adoptée l’ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021 relative à la généralisation de la facturation électronique dans les transactions entre assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée et à la transmission des données de transaction.
Voici le communiqué de presse alors diffusé par le Gouvernement, lequel présente l’avantage d’être très explicatif, ainsi que l’excellente FAQ faite par Bercy à ce sujet :
- Communiqué de presse facturation électronique ordonnance 2021
- https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/1_metier/2_professionnel/EV/2_gestion/290_facturation_electronique/faq_fe_v01082022_vf.pdf
Puis a été adoptée la loi (n° 2022-1157 du 16 août 2022) de finances rectificative pour 2022, dont l’article 26 porte sur cette réforme :
Bercy dans ce cadre a diffusée ici un texte de vulgarisation bien commode, dont voici le texte :
Fruit d’une large concertation et s’inspirant de plusieurs partenaires européens dont l’Italie, l’article 26 de la loi de finances rectificative pour 2022 prévoit que « les assujettis à la TVA en France devront, à terme, émettre, transmettre et recevoir les factures sous format électronique, dans leurs transactions avec d’autres assujettis ». Ils devront également « transmettre à l’administration fiscale les données de facturation, ainsi que les données relatives aux opérations non domestiques ou avec une personne non assujettie ». La confidentialité de ces données sera protégée par l’administration.
Le calendrier de la réforme
Le déploiement de l’obligation de facturation électronique se fera progressivement, en tenant compte de la taille des entreprises, afin de permettre à chacune de s’approprier ses nouvelles obligations dans les meilleures conditions. La facturation électronique s’appliquera :
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- à compter du 1er juillet 2024, en réception à l’ensemble des assujettis et, pour l’émission, aux grandes entreprises,
- à compter du 1er janvier 2025, pour les entreprises de taille intermédiaire,
- à compter du 1er janvier 2026, aux petites et moyennes entreprises et microentreprises.
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Le déploiement de l’obligation de transmission des données à l’administration suivra le même calendrier.
Les modalités de la généralisation de la facturation électronique
Pour s’acquitter de leurs obligations, les entreprises pourront librement choisir de recourir :
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- soit à une plateforme de dématérialisation dite « partenaire » de l’administration,
- soit au portail public de facturation qui s’appuiera sur la plateforme Chorus Pro (qui assure déjà depuis 2017 l’échange dématérialisé des factures pour les transactions avec le secteur public).
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Le portail public de facturation
Le portail public mis à disposition des entreprises tiendra compte de leur degré de maturité numérique. Il permettra notamment aux plus petites d’entre elles un passage à la facturation électronique, à coût réduit, en offrant un socle minimum de services.
La création de ce portail a connu des avancées importantes à l’été 2022. Une expérimentation devrait pouvoir être déployée dès le 3 janvier 2024, soit avant l’entrée en vigueur du dispositif.
L’intérêt de la généralisation de la facturation électronique
Levier de simplification et d’accélération de la transition numérique des entreprises, la généralisation de la facturation électronique représente, notamment pour les petites et moyennes entreprises, un gain de plus de 4,5 milliards d’euros par an (cf évaluation préalable PLFR 2022).
Cette réforme est porteuse de grandes avancées pour les entreprises :
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- renforcement de leur compétitivité grâce à l’allègement de la charge administrative et aux gains de productivité résultant de la dématérialisation,
- simplification, à terme, de leurs obligations déclaratives en matière de TVA grâce au pré-remplissage des déclarations,
- amélioration de la lutte contre la fraude, au bénéfice des opérateurs économiques de bonne foi et d’une concurrence loyale,
- amélioration de la connaissance en temps réel de l’activité des entreprises.
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