Ca roule, au Conseil d’Etat, pour les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax

En ces temps de grève, il est au moins une affaire ferroviaire qui roule correctement : les lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax.

De nombreuses communes et intercommunalités riveraines du projet, plusieurs associations de défense de l’environnement, des représentants des terroirs viticoles traversés ainsi que des particuliers avaient demandé au Conseil d’État l’annulation du décret n° 2016-738 du 2 juin 2016 les travaux nécessaires à la réalisation des LGV « Bordeaux-Toulouse » et « Bordeaux-Dax » ont été déclarés d’utilité publique.

Le CE a balayé tous les moyens des requérant (au contraire de ce qui s’était passé en juin 2017 devant le TA de Bordeaux où, là, les opposants avaient gagné une première manche).

Par une décision de ce jour, le Conseil d’État rejette ces recours :

  • Le Conseil d’État juge tout d’abord que la procédure suivie a été régulière. Il écarte notamment les critiques fondées sur l’insuffisance de l’évaluation économique et sociale du projet ainsi que sur celle de l’étude d’impact, qui font partie des documents qui constituent le dossier d’enquête publique. Il estime en outre que cette enquête publique s’est déroulée dans des conditions régulières.
  • Sur le fond ensuite, le Conseil d’État écarte les critiques mettant en cause l’utilité publique du projet de LGV. Le Conseil d’État reconnaît tout d’abord l’intérêt public que présente ce projet pour l’aménagement du territoire. Il estime ensuite que les expropriations envisagées pour sa réalisation sont nécessaires pour atteindre les objectifs de l’opération : l’aménagement des lignes ferroviaires existantes entre Bordeaux et Dax et entre Bordeaux et Toulouse ne présente pas en effet des avantages comparables aux lignes projetées. Enfin, il juge que les coûts, les atteintes portées à la propriété privée et les risques pour les autres lignes de transport ne sont pas de nature à retirer aux lignes ferroviaires projetées leur caractère d’utilité publique, compte tenu en particulier des mesures prises afin de réduire les effets dommageables du projet, les atteintes à l’environnement, à l’agriculture, à la viticulture, à la forêt, aux monuments historiques et à la chasse et eu égard à l’importance des opérations en cause.

Il y a donc une double LGV prête à se voir propulsée à grande vitesse… Sur le papier. En droit. Car en fait, nul ne sait si ce projet verra le jour, en ces temps où la priorité du Gouvernement serait plutôt d’investir dans les lignes TER/RER et autres intercités du quotidien.

 

Voici cet arrêt CE, 11 avril 2018, Fédération Sépanso Aquitaine, n° 401753, 401994, 402000, 402039, 402096, 402138, 402241 :

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