Pesticides : l’atmosphère, elle aussi…

Les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) réalisent, depuis 2002, des mesures de pesticides dans l’air en fonction des ressources locales et des soutiens financiers mis à leur disposition…. tout simplement parce qu’avant on pensait que les pesticides ne contaminaient pas l’air. En fait, si.

NB : sur le régime des AASQA et Atmo France, voir :

 

Les résultats et les rapports en découlant ont été communiqués par chacune de ces associations sur leurs sites internet. Ils ont également été progressivement regroupés, pour en faciliter la manipulation et l’interprétation, au sein d’une base de données de travail commune à l’ensemble de nos structures : la base PhytAtmo, pilotée par la Fédération Atmo France. A ce jour, cette base* recensant 15 années de mesures des pesticides dans l’air sera ouverte aux parties prenantes et au public.

La France figure parmi les pays les plus consommateurs en pesticides. L’eau et l’alimentation font l’objet d’une surveillance sur ces composés mais à l’inverse, bien que les pesticides soient reconnus comme substances d’intérêt national par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, il n’existe pas de valeur réglementaire dans l’air. Pourtant lors de leur utilisation, les substances actives peuvent être transférées dans l’atmosphère par le vent, l’érosion éolienne et la volatilisation.

Le résultat est sans appel. Dans notre atmosphère, en sus des particules fines et autres gaz toxiques qui font que la France :

… s’ajoutent donc une pollution atmosphérique issue des pesticides, plus importante que prévu (entre 40 et 90 substances actives — herbicides, fongicides, insecticides — qui sont quantifiées annuellement à l’échelle nationale sur entre 150 et 250 produits recherchés. Avec des pics sur les zones rurales et une saisonnalité liée à l’activité agricole.

POUR EN SAVOIR PLUS :

-> Cliquez ici pour accéder à la base PhytAtmo
Cliquez ici pour accéder à la base PhytAtmo sur data.gouv.fr

Atmo France et les AASQA, acteurs majeurs de l’émergence et du suivi des pesticides dans l’air, demandent la mise en œuvre d’un suivi territorial et national pérenne basé sur la mesure et sécurisé dans son financement, afin de répondre aux attentes sociétales et questionnements institutionnels. Cette recommandation est d’ailleurs également portée par la Cour des comptes et par deux rapports parlementaires (Sénat en octobre 2012 et Assemblée nationale en avril 2018) .

Les préconisations sont donc les suivantes :

  • Multiplication des sites de mesures pérennes afin de produire une information locale, fiable et représentative ;
  • Incorporation de la mesure des pesticides dans l’air ambiant comme indicateur de suivi dans les dispositifs actuels de réduction de l’usage des pesticides ;
  • Mise en place d’une plateforme nationale d’enregistrement des produits phytopharmaceutiques pour centraliser aussi bien les achats de pesticides que leur utilisation recommandée par le rapport parlementaire de la mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate de novembre 2019 ;
  • Prise en compte du suivi des pesticides dans l’air dans les politiques de santé environnementale tel le Plan National Santé-Environnement (PNSE) 4 prochainement en consultation ;
  • Intégration des pesticides dans la surveillance réglementaire de la qualité de l’air conformément aux attentes sociétales.