Voici les préconisations, très charpentées, du HCSP en matière de réouverture des ERP

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a, les 18 et 28 avril dernier, diffusé deux avis importants en matière de réouverture des ERP. Ces documents ont été mis en ligne les 3 et 6 mai 2021.

Le premier est porte sur les règles générales de cette réouverture et à ce sujet le HCSP propose une doctrine générale et une matrice décisionnelle d’aide à la politique de réouverture progressive des établissements recevant du public (ERP) selon les principes suivants :

  • la prise en compte des nouveaux outils de protection et de dépistage (vaccination et autotests) en complément de 7 mesures barrières ;
  • des lignes directrices simples, compréhensibles, applicables et adaptables ;
  • des phases de déconfinement déterminées par l’atteinte d’objectifs prédéfinis plutôt que par des échéances calendaires ;
  • la criticité des ERP définie par le risque de transmission du SARS-CoV-2 tenant compte de leur configuration et de leurs activités dont celles présentant des limites au respect des mesures barrières ;
  • le taux de couverture vaccinale en population générale comme un indicateur essentiel à la progression du déconfinement ;
  • le renforcement de la capacité d’implication des populations les plus vulnérables par des programmes visant l’amélioration des compétences psychosociales.

 

Le HCSP recommande d’identifier des niveaux de risque épidémique sur la base d’indicateurs de couverture vaccinale, d’incidence et de tension hospitalière pour piloter la chronologie de la réouverture des ERP. Il définit en parallèle un niveau de criticité des ERP qui peut être faible, moyen ou élevé, selon que les activités sont réalisées en extérieur ou à l’intérieur de bâtiment et que l’application de l’ensemble des mesures barrières est possible ou non.

Le HCSP propose ainsi une matrice décisionnelle croisant les niveaux de risque épidémique et les niveaux de criticité des ERP. La stratégie d’ouverture progressive des ERP est conditionnée par ces deux critères et repose sur trois mesures de prévention : le respect des mesures barrières, l’utilisation des auto-tests et la gestion progressive de la densité de personnes (jauge). Le HCSP préconise de procéder à une évaluation prospective permanente de l’efficacité des mesures et de leurs coûts/impacts sociétaux.

VOICI CE PREMIER DOCUMENT EN PDF (24 pages) :

 

Le second de ces documents porte plus modestement (mais très techniquement) sur l’aération, la ventilation et la mesure du CO2 dans les ERP (mise à jour).

Le HCSP préconise la mise en place d’une stratégie environnementale de maîtrise de la qualité de l’air dans chaque ERP. Cette maîtrise de l’aération/ventilation des ERP doit constituer un point fort sur lequel peut s’appuyer un protocole sanitaire, d’autant plus lorsque certaines mesures barrières, notamment le masque ou la distance interindividuelle) ne sont pas adaptées à l’activité d’un ERP ré-ouvert (ex. restaurant, écoles maternelles, etc.).

Le HCSP recommande d’effectuer une aération des espaces clos des ERP en présence des personnes et d’ouvrir les fenêtres au moins 5 minutes toutes les heures. Dans les établissements scolaires et universitaires en particulier, il est proposé de laisser les portes et les fenêtres ouvertes entre les cours et les enseignements (aération transversale). Seules les fenêtres doivent rester ouvertes pendant les cours ou enseignements (l’idéal est d’ouvrir deux fenêtres, si possible, pour favoriser la circulation de l’air).

Dans les situations ou l’aération n’est actuellement pas possible ou insuffisante (ex. fenêtres bloquées), des solutions techniques doivent être mises en place (par ex. abattants ou aérateurs dans la partie supérieure des fenêtres, ventilation par insufflation, etc.). La diminution du taux d’occupation des locaux peut alors contribuer à l’obtention d’une qualité de l’air satisfaisante.

Le HCSP indique que le taux de renouvellement de l’air peut être approché facilement par la mesure de la concentration en dioxyde de carbone dans l’air à des points et des périodes représentatives en période d’occupation. Une concentration en CO2 supérieure à un seuil de 800 ppm doit conduire dans tous les cas à ne pas occuper la salle et à agir en termes d’aération/renouvellement d’air et/ou de réduction du nombre de personnes admises dans les locaux d’un ERP.

Le HCSP recommande enfin de mener dans les différents ERP (ex. établissements scolaires et universitaires, lieux culturels, établissements sportifs, etc.) des campagnes de mesure pour identifier les zones à risque (ex. certaines salles, couloirs et sanitaires).

VOICI CE SECOND DOCUMENT EN PDF (31 pages) :