Les préfets demeurent, mais la préfectorale se meurt

Le 6 mai, le Premier Ministre a annoncé aux membres du corps préfectoral leur prochaine disparition… non pas physique (aucun meurtre en série de préfets n’est à déplorer), non pas institutionnelle (les Préfets resteront LE pilier de l’Etat déconcentré), mais en tant que corps. Une nouvelle étape dans la réforme de la haute fonction publique de l’Etat.

La suppression du corps fut certes évoquée de manière cursive, mais c’est bien ce dont il s’agit, avec une évolution vers la « fonctionnalisation », le poste de préfet devenant un « emploi fonctionnel » (comme celui d’un DGS hors le cas des petites communes)… Cela dit, la réforme est à relativiser, le poste de Préfet étant déjà par principe celui d’un siège éjectable.

Ce n’est donc pas tant le caractère précaire du poste qui change (cela perdure) que l’ouverture du corps préfectoral aux autres grands commis de l’Etat (et réciproquement) qui est en ligne de mire. Avec toutes les diversités et l’apprentissage par les territoires pour les hauts fonctionnaires dans le viseur du Gouvernement. Et une crainte de perte de compétence et de connaissances évoquées pour ceux qui défendent le régime actuel (dont des sous-préfets qui craignent aussi de mettre plus de temps à grimper dans la hiérarchie… dont des élus locaux qui craignent que le cursus honorum de la future haute fonction publique y conduise des hauts fonctionnaires ayant peu d’appétence pour le monde local) .

Voir :

 

Le lien entre cette réforme et celle de la haute fonction publique générale (remplacement de l’ENA par une autre structure plus large avec début de carrière dans les territoires sur une durée qui pourrait cela dit varier selon le rang de classement…) est évident. On pense vraiment au cursus honorum romain (passant par quelques années dans diverses institutions de terrain, y compris judiciaires ou militaires en général, avant que de pouvoir prétendre à des grandes fonctions à Rome)…

Ceci est à corréler aussi avec les très importantes réformes de ces dernières années visant à supprimer un grand nombre de petites structures au niveau de l’Etat central, d’une part, et à réorganiser l’Etat déconcentré, d’autre part :