Autorités publiques : un juge vous impose d’examiner de nouveau un dossier… en aménagement commercial par exemple. Peut-on demander alors le sursis à exécution de cette décision de Justice ? (spoiler vous pouvez toujours le demander, à la condition de croire au Père Noël)

La Commission nationale d’aménagement commercial (CNAC) refuse un projet d’aménagement commercial (un drive en l’espèce). 

Mais ce refus est annulé par une CAA, laquelle enjoint à la CNAC de se prononcer à nouveau sur la demande d’autorisation d’exploitation commerciale. 

La CNAC peut-elle, alors, saisir le Conseil d’Etat d’une demande de sursis à exécution de cet arrêt de la CAA ? 

Non répond le  Conseil d’Etat, logiquement. En effet :

« 3. L’exécution de cet arrêt, à la fois en tant qu’il annule la décision de refus opposée par la CNAC et en tant qu’il enjoint à la CNAC de se prononcer à nouveau sur la demande d’autorisation, n’a pas, par elle-même, pour effet de permettre la mise en oeuvre du projet litigieux. La CNAC n’invoquant aucune autre circonstance propre à caractériser l’existence de conséquences difficilement réparables au sens des dispositions de l’article R. 821-5 du code de justice administrative citées au point 1, elle n’est pas fondée à soutenir que la première des conditions prévues par cet article pour qu’il soit sursis à l’exécution de la décision juridictionnelle attaquée est remplie. Les conclusions de sa requête tendant à ce qu’il soit ordonné le sursis à l’exécution de cet arrêt doivent donc être rejetées.»

 

Autorités publiques : si un juge vous impose d’examiner de nouveau un dossier… n’allez donc pas faire de demande de sursis à exécution de cette décision (sauf circonstances très particulières qui conduiraient à des conséquences difficilement réparables, ce qui sera très rarement le cas)… sauf bien sûr à croire au Père Noël. Ce qui, pour la CNAC, n’était plus de son âge.

Source :

CE, 31 juillet 2024, CNAC, n° 493460, C


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