Toilettage réglementaire pour la MIVILUDES ; naissance officielle de VigiRep, au JO de ce matin

Ont, ce matin, été publiés deux décrets plutôt jumaux :

  • le décret n° 2026-949 du 13 octobre 2026 modifiant le décret n° 2002-1392 du 28 novembre 2002 instituant une mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (NOR : INTD2510937D) :

  • le décret n° 2026-950 du 13 octobre 2026 portant création d’une délégation à la prévention de la délinquance, de la radicalisation, de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (VigiRep) [NOR : INTD2621781D] :

 

Mais dans un cas (VigiRep) il s’agit d’une fausse vraie naissance, alors que dans l’autre (MIVILUDES), nous sommes dans le registre du toilettage réglementaire a minima post législatif.

 

Sur les missions de la Miviludes, ce décret réalise en effet surtout un rattrapage réglementaire de la loi de 2024. Les principaux ajouts à son décret constitutif existaient déjà dans l’article 21-1 de la loi du 12 juin 2001, introduit par la loi du 10 mai 2024. Leur inscription dans le décret de 2002 ne constitue donc pas, à elle seule, une nouvelle extension de compétences.

La comparaison donne ceci :

Modification apportée au décret de 2002 Ce qu’elle change réellement
Mention expresse des nouvelles formes des mouvements à caractère sectaire Actualisation du périmètre d’observation, déjà inscrite dans la loi depuis 2024.
Sensibilisation des élèves aux dérives thérapeutiques et sectaires, dans les programmes du secondaire, avec l’Éducation nationale et le Conseil supérieur des programmes Mission désormais inscrite dans le décret, mais obligation déjà législative. Cette disposition ne définit pas elle-même le contenu des programmes.
Mention des partenariats avec les associations aidant les victimes Explicitation d’une modalité d’action déjà prévue par la loi ; elle ne vaut pas attribution automatique d’un financement.
Participation aux travaux internationaux conduits par le Gouvernement, au lieu du seul ministère des affaires étrangères Élargissement de la formulation réglementaire, lui aussi déjà opéré dans la loi.

Le rapport annuel public remis au Premier ministre prévu par ce décret n’est pas davantage une nouveauté. Le décret l’ajoute à l’article 1er, mais cette obligation figurait déjà à l’article 6 du décret de 2002 et a également été consacrée par la loi de 2024.

De même l’information de la Miviludes sur les travaux des CLSPD en matière de dérives sectaires repose-t-elle déjà sur la loi, à sa demande et après accord du maire.

La réorganisation administrative relève, elle, de l’autre décret, son voisin de JO, n° 2026-950, précité. Celui-ci crée VigiRep auprès du ministre de l’intérieur, confie à son délégué interministériel les fonctions de secrétaire général du CIPDR et prévoit le soutien administratif et budgétaire de la délégation et de la Miviludes qui lui est rattachée.

NB à ne pas confondre avec la structure d’OSINT du même nom (https://vigirep.com/) !

Mais c’est une confirmation juridique de ladite création plus qu’une vraie création.

Il prépare les délibérations et de veiller à la mise en œuvre sur le terrain des décisions du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR). VigiRep succède ainsi au secrétariat général du CIPDR (SG-CIPDR), avec transfert des personnels.

Un délégué interministériel placé auprès du ministre. Il est assisté d’un secrétaire général nommé par arrêté du ministre de l’intérieur. AQvec réécriture de l’article D. 132-3 du code de la sécurité intérieure (CSI).

 


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