Nouvelle diffusion du rapport sur les zones humides protégées / RAMSAR

Les sites RAMSAR, ce sont les zones et milieux humides protégés en France dans le prolongement de la Convention de Ramsar (une ville en Iran), signée en 1971, ratifiée par la France… 15 ans plus tard, en 1986.

 

Dans le cadre de l’Observatoire national de la Biodiversité, l’évolution de l’occupation du sol dans ces sites entre 1975 et 2005 a été étudiée, notamment à partir d’images satellites. Cela donne un très intéressant document de 53 pages intitulé : « LES MILIEUX HUMIDES REMARQUABLES, DES ESPACES NATURELS MENACÉS ; Quelle occupation du sol au sein des sites Ramsar de France métropolitaine ? Rétrospective 1975-2005 » (Christian PERENNOU, Anis GUELMAMI & Elie GAGET ; Tour du Valat / OZHM).

 

Voici ce document en pdf :

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A noter : ce document est daté de mars 2016… Mais il fait l’objet depuis le 20 juin 2017 d’une nouvelle diffusion dans le cadre des instances sur la biodiversité mises en place par la loi  du 8 août 2016.

 

Ce document de 53 pages est aussi résumé par un petit document de 4 pages que voici :

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Voici le résumé des principales conclusions de cette étude :

  • Vingt-cinq des 32 sites Ramsar métropolitains français ont plus de la moitié de leur
  • surface en milieux humides.
  • Dans l’ensemble, les sites Ramsar de France métropolitaine sont composés à 39% de milieux humides. Cette proportion est hautement variable entre sites, selon que les limites désignées ont suivi ou non au plus près la limite des milieux humides.
  • Environ la moitié de la surface des 32 sites Ramsar métropolitains se situe au sein d’un PNR ; la moitié aussi au sein de Zones Natura 2000. Une part plus faible (1 à 5%) est protégée au titre des acquisitions du Conservatoire du Littoral ou des réserves naturelles nationales ou régionales. Ces moyennes cachent en réalité une grande variabilité entre sites.
  • En moyenne, les sites Ramsar métropolitains français ont perdu 1,3% de leurs milieux humides totaux entre 1975 et 2005. En réalité, un quart des sites ont enregistré des progressions (jusqu’à +11%) et les trois-quarts des régressions (jusqu’à -62%).
  • Globalement, en 30 ans, les milieux humides naturels ont régressé de 6%, et les milieux humides artificiels progressé de 38% dans les sites Ramsar métropolitains.

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  • Les milieux naturels terrestres ont aussi régressé.
  • Ces chiffres ne sont pas forcément extrapolables aux sites humides de France dans leur ensemble.
  • Les tendances sont qualitativement les mêmes que celles mesurées sur les mêmes périodes dans un échantillon de 214 sites côtiers du bassin méditerranéen (sites Ramsar ou non, ZICOs, et autres milieux humides importants), mais de moindre ampleur.
  • Les pertes en milieux humides ont été plus fortes autour des sites Ramsar métropolitains (bande périphérique de 1 km de large) qu’en leur sein même. Mais un éventuel effet de la désignation Ramsar – non démontré à ce jour, en raison du trop faible nombre de sites anciennement désignés – ne pourrait à lui seul expliquer cette différence.
  • Marais & lagunes, forêts inondables et prairies humides sont les milieux humides qui ont le plus régressé entre 1975 et 2005.
  • A l’inverse, lacs et étangs artificiels ont fortement progressé.
  • Les milieux urbanisés ont fortement progressé entre 1975 et 2005 (+ 39%), tant dans
  • les sites Ramsar métropolitains que dans leurs proches alentours.
  • En revanche l’agriculture a stagné : +2% à +4 % dans les sites, -2% à -3% dans les alentours.
  • Le littoral méditerranéen apparaît comme le plus concerné par la progression tant de l’agriculture que des milieux urbains.
  • La régression des habitats humides naturels s’est faite pour moitié par conversion en zones agricoles, et pour plus d’un quart en milieux humides artificiels.
  • La progression des milieux humides artificiels s’est essentiellement faite sur d’anciennes terres agricoles (pour la moitié des transformations) et sur des milieux humides naturels (38%, dont 8% de prairies humides.)

 

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  • La progression modeste de l’agriculture au sein des sites Ramsar métropolitains s’est surtout effectuée aux dépens des habitats naturels, humides ou non. La progression forte des milieux urbains s’est elle surtout faite aux dépens des milieux agricoles.
  • Les conversions de milieux humides naturels en terres agricoles et urbaines ou en milieux humides artificiels semblent avoir ralenti entre 1975-1990 et 1990-2005. Mais les conversions en milieux urbains de presque tous les habitats s’est accélérée. Seuls les milieux humides naturels en semblent comparativement préservés depuis 1990 : effet des politiques publiques ?

     

     

     

 

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Sites en métropole

Baie de Somme ;Baie du Mont Saint-Michel ;Basses Vallées Angevines ;Bassin du Drugeon ; Brenne ; Camargue ; Delta de la Leyre ; Etang de Biguglia ; Etang d’Urbino ;Etang de Palo ; Etangs de la Champagne humide ; Etangs de la Narbonnaise ; Etangs de la Petite Woëvre ; Etangs de Villepey ; Etangs du Lindre, forêt du Romersberg et alentours ; Etangs palavasiens ; Golfe du Morbihan ; Grande Brière ; Impluvium du plateau du Gavot ; Lac de Grand-Lieu ; Lac du Bourget, marais de Chautagne ; Marais audomarois ; Marais d’Orx ; Marais du Cotentin et du Bessin, Baie des Veys ; Marais du Fier d’Ars ; Marais Salants de Guérande et du Mès ; Marais Vernier et vallée de la Risle maritime ; Mares temporaires des Tre Padule de Suartone ; Petite Camargue ; Rhin supérieur / Oberrhein ; Rives du Lac Léman ; Salins d’Hyères ; Tourbière de Moltifao.

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Sites en outre-mer

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A propos Éric Landot

Avocat fondateur du cabinet Landot & associés, partenaire juridique de la vie publique.