Ambroisie : comment, en 2019, lutter contre l’ennemi allergénique numéro 1 ?

La lutte contre cet allergène, ennemi public n°1 dans sa catégorie, a déjà par 3 fois été traitée au sein du présent blog :

 

Revenons sur ce dispositif à l’occasion d’une réponse ministérielle récente à ce sujet. Voir :

 

 

Montée en puissance d’un dispositif

XIXe siècle : l’Ambroisie (à ne pas confondre avec l’Ambroisie de l’Antiquité…) débarque en Europe en provenance du Canada (après avoir traversé l’Atlantique en passager clandestin via dans des sacs de grains).

XXe et XXIe siècles : cet allergène puissant se développe des de grandes régions de France. Or, cet élément de nos écosystèmes n’y joue pas, ou pas encore, de rôle positif identifiable car il y est trop neuf pour s’y être déjà bien inséré.

2016-2017 :

  • adoption  de l’article 57 de la loi du 26 janvier 2016. L’article L. 1338-1 du code de la santé publique (CSP) est créé par cette loi. Il prévoit qu’un décret fixe la liste des espèces végétales ou animales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine et définit les mesures à mettre en oeuvre pour prévenir leur apparition ou lutter contre leur prolifération.
  • puis promulgation de ce décret (no 2017-645 du 26 avril 2017) relatif à la lutte contre l’ambroisie à feuilles d’armoise, l’ambroisie trifide et l’ambroisie à épis lisses (NOR : AFSP1626935D)…. véritables textes fondant une croisade anti-ambroisie, y compris avec un volet local. Voir à ce sujet :

Ambroisie : comment lutter contre l’ennemi allergénique numéro 1 ?

  • Concomittamment à la publication ce décret, un arrêté signé par les ministères chargés de la santé, de l’environnement et de l’agriculture a été publié. Ce texte interdit l’introduction volontaire, le transport volontaire, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat, sous quelque forme que ce soit, des trois ambroisies visées par ce décret.

 

L’arrêté de juin 2017 : la reconnaissance juridique d’un rôle déjà dévolu en pratique au(x) FREDON

Le 20 juin 2017 a eu lieu la publication au JO de l’arrêté du 2 juin 2017 portant désignation des organismes contribuant à certaines mesures nationales de prévention et de lutte relatives à l’ambroisie à feuille d’armoise, l’ambroisie trifide et l’ambroisie à épis lisses (NOR : SSAP1713455A). Ce texte désigne FREDON-France pour l’animation et le fonctionnement d’un centre national de référence de prévention et de lutte contre les ambroisies (nommé «Observatoire des ambroisies»).

Voici cet arrêté :

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Il s’agit en réalité d’une validation de l’existant. Dans le cadre des Plans nationaux en santé environnement, cela fait des mois que la Direction générale de la santé a mis en place et finance un Observatoire des ambroisies animé depuis 2017 par la fédération FREDON-France. Celui-ci a pour missions de favoriser la coordination des actions de lutte entre les différents acteurs concernés (gestionnaires de routes, agriculteurs, particuliers, collectivités territoriales, professionnels de santé…) et d’élaborer divers outils (vidéos, guides techniques, brochures, dispositif pédagogique, etc.) qui sont mis à la disposition de tous sur son site Internet.

VOIR http://www.fredons-fdgdons.fr

 

 

Quelles actions au niveau national et au niveau local ?

Il en résulte des actions à deux niveaux :

  • Actions au niveau national :
    •  surveillance de ces espèces ;
    •  amélioration de l’information du public ;
    •  lutte contre la prolifération de ces espèces par la destruction des pieds d’ambroisie ou la gestion des espaces visant à limiter fortement leur capacité d’installation.

 

  • Au niveau local :
    •  les préfets de département arrêtent les mesures à mettre en oeuvre sur leur territoire en fonction du contexte local, et notamment du niveau de présence des ambroisies et du type de milieux infestés (sols agricoles, bords de route, zones de chantier, terrains de particuliers, etc.) ;
    • les collectivités territoriales peuvent participer à la mise en oeuvre des mesures définies par le préfet notamment en désignant un ou plusieurs référents territoriaux dont le rôle est, en particulier, de repérer la présence de ces espèces, de participer à leur surveillance et d’informer les personnes concernées des mesures de lutte pouvant être appliquées sur leurs terrains ;
    • chaque particulier ou chaque entreprise privée est susceptible d’être concerné pour mettre en oeuvre des mesures permettant de lutter contre cette infestation (arrachage de pieds d’ambroisie, etc.).

 

Zones concernées

Les zones principalement concernées sont 

  • région Auvergne-Rhône-Alpes. En Auvergne-Rhône-Alpes, région française la plus envahie par l’Ambroisie à feuilles d’armoise, environ 13 % des habitants souffrent d’allergies à son pollen ; ce chiffre atteint 21 % dans les zones les plus exposées. L’agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes avait estimé en 2013, que près de 200 000 personnes avaient consommé des soins en rapport avec l’allergie à l’ambroisie à feuilles d’armoise en Rhône-Alpes, ce qui conduit à des coûts de santé estimés à 15 millions d’euros pour cette seule région.
  • zones limitrophes de Auvergne-Rhône-Alpes
  • Nouvelle Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Pays-de-la-Loire.

 

 

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Auteur: Anaïs Just – Juin 2016 ©IGN 2011:BD_CARTO- Données du réseau des CBN en cours d’intégration et de qualification –

Source : http://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/air-exterieur/article/cartographies-de-presence-de-l-ambroisie-en-france

 

 

Nouveautés 2018-2019 : une instruction interministérielle ; plus de référents territoriaux ; un vade mecum

 

La réponse ministérielle précité résume ce qu’il y a de changé en ce domaine depuis 18 mois :

« Il s’agit par exemple de la surveillance de ces espèces et de l’information du public et des acteurs concernés, dont par exemple les référents territoriaux. Ces derniers, désignés par les maires ont vu leur nombre passer de 4 800 en 2017 à 5 800 en 2018. Des éléments utiles à l’élaboration de l’arrêté précité ont été fournis aux acteurs locaux au sein d’une instruction interministérielle du 20 août 2018. Un premier bilan, portant sur le nombre d’arrêtés pris sera effectué en 2019. À l’échelon national, l’Observatoire des ambroisies, piloté depuis 2017 par FREDON-France avec le soutien du ministère chargé de la santé via une convention triennale, participe à la valorisation et à la diffusion des connaissances scientifiques relatives aux ambroisies et à leur impact sur la santé et les milieux ainsi qu’au recensement des actions de prévention, de lutte, de formation et d’information menées sur le territoire national et à l’étranger. L’Observatoire des ambroisies mène également des actions en termes de communication et participe à des projets de recherche. Ainsi, en 2018, l’Observatoire a par exemple publié un vade-mecum accompagnant la publication de l’instruction interministérielle précitée dont l’objectif est de recenser et de décrire l’ensemble des mesures de lutte probantes existantes contre les ambroisies. Par ailleurs, il a structuré une mission de sciences participatives avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et le réseau Tela Botanica sur l’ambroisie trifide. Enfin, l’Observatoire a pour objectif en 2019 de mettre en place un partenariat avec l’agence française pour la biodiversité, le réseau des centres botaniques nationaux, la plateforme interactive « signalement ambroisie » et les FREDON pour élaborer des cartes de répartition des ambroisies sur le territoire national. »

 

En savoir plus (source FREDON France) :

 

 

Vidéo

 

Voici maintenant une vidéo à ce sujet faite en tandem avec le très compétent et efficace Observatoire de l’ambroisie / Fredon dans le cadre des travaux de IDEAL CONNAISSANCES (avec l’aimable autorisation de ces derniers).

 

Voici cette vidéo d’1 heure 31 (ne pas tenir compte des premières secondes…) :

 

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