Mémoire en réclamation: n’oubliez pas la copie au maître d’œuvre !

Un tribunal administratif vient de préciser les effets de la méconnaissance de l’obligation d’adresser copie au maître d’œuvre du mémoire en réclamation du décompte général prévu aux articles 13.4.4 et 50.1.1 du Cahier des Clauses Administratives Générales (CCAG) applicables aux marchés publics de travaux. 

Dans le cadre de cette affaire, un acheteur public a conclu un marché de travaux avec un groupement d’entreprises. Suite à des problèmes et des retards d’exécution et après contestation du décompte général du marché, le groupement titulaire du marché a saisi le tribunal administratif afin de condamner cet acheteur public à lui verser une somme globale de 1 670 547,6 euros au titre du solde du marché.

Le TA a refusé de faire droit à cette demande et a rejeté la requête du groupement.

En effet, le juge considère que le non-respect de l’obligation faite au titulaire du marché, lorsqu’il conteste par mémoire en réclamation le décompte général adressé par le maître d’ouvrage, de mettre en copie le maître d’œuvre« fait obstacle à ce que le titulaire soit regardé comme ayant utilement contesté le décompte général qui lui a été notifié ». 

Ainsi, tirant toutes les conséquences du défaut d’effet produit par le mémoire vicié, le tribunal considère que, dès lors que le délai réglementaire de 45 jours, prévu à l’article 50.1.1 du CCAG, pour adresser au maître d’ouvrage le mémoire en réclamation est dépassé, il faut considérer que le décompte général est devenu « définitif ». Le tribunal, faisant application du principe d’intangibilité du décompte général définitif, déclare donc irrecevable la requête en contestation de ce décompte.

Il est intéressant de noter que le tribunal justifie la rigueur qu’il attache à cette formalité par le rôle essentiel accordé au maître d’œuvre lors d’un différend portant sur le décompte général. En effet, l’article 50.1.2 du CCAG prévoit que le maître d’œuvre rend un avis sur le mémoire du titulaire avant que le maître d’ouvrage ne statue. Le tribunal note également que le manquement à cette obligation «porte atteinte à l’exercice par ce dernier de sa mission de conseil envers le maître d’ouvrage ».

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