Eau : l’urgence est déclarée selon un rapport sénatorial

En ces temps de stress hydrique, il est temps de lire le rapport sénatorial « Eau : urgence déclarée », Par MM. Henri TANDONNET et Jean-Jacques LOZACH.

Voici ce rapport :

rapport eau Sénat 201605

 

Les principaux constats et les suggestions de ce rapport ne seront pas, loin de là, consensuelles (sur la production agricole à diminuer). Certains aspects glissent vers l’irénisme comme celles niant un peu trop vite les conflits d’usage entre monde agricole et usagers domestiques.

Néanmoins, ce rapport est intéressant et en voici les conclusions :

Les perspectives du réchauffement climatique conduisent à des conclusions alarmantes.

La ressource en eau en période de pic de chaleur sera rare et l’objet de conflits d’usages.

La crise climatique est aussi une crise aquatique.

Les solutions seront complexes et lourdes à mettre en oeuvre, il convient de les anticiper en reposant la problématique, au niveau tant national que local, et en proposant des pistes de réflexion pour l’avenir.

· Des orientations générales

– Reconnaître que la gestion de l’existant ne suffira pas à réduire la période de crise et de conflit.

– Réfléchir autrement que sous le prisme anglo-saxon au niveau européen et national, en passant d’une préoccupation de qualité à une problématique de disponibilité.

– Ne pas exporter nos besoins d’eau liés à l’alimentation sur des pays fragiles, en limitant notre propre production agricole. Éviter l’importation d’eau massive dans le respect d’une véritable vision écologique globale.

– Favoriser la pédagogie pour sensibiliser les politiques et les consommateurs à cette nouvelle problématique.

· Des propositions de gouvernance

– Définir une politique nationale de priorités dans le domaine de l’eau.

– Mettre l’alimentation et la sécurité énergétique au coeur de cette politique.

– Préserver notre indépendance alimentaire qui est strictement liée à la disponibilité d’eau pour l’agriculture. L’alimentation n’est rien d’autre que l’eau verte, les besoins d’irrigation sont ceux de l’alimentation.

– Ne pas opposer les ménages et l’agriculture qui ont des intérêts communs avec le maintien du bon état écologique des masses d’eau.

– Faire évoluer la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 au vu des nouvelles données climatiques, pour mettre en place une politique de partage adaptant les ressources aux besoins.

· Des réponses territoriales

– Engager une véritable gestion décentralisée au niveau de chaque bassin et sous-bassin pour des actions territoriales partagées.

– Associer dans un projet territorial l’ensemble des acteurs du territoire, notamment institutionnels et professionnels, afin de définir les moyens d’atteindre l’équilibre entre les besoins et les ressources en période de crise.

– Impliquer les collectivités territoriales dans une gestion partagée de l’eau dans leurs projets d’urbanisme et économiques.

· Des pistes d’avenir

– Donner la priorité à toutes les actions de gestion économe de l’eau.

– Mieux gérer l’état des réseaux.

– Éduquer les ménages à l’économie d’eau.

– Réutiliser les eaux usées en levant le carcan réglementaire.

– Encourager la recherche en agriculture pour une moindre consommation, ce secteur ayant le plus fort potentiel d’amélioration de son efficience.

– Favoriser l’agro-écologie et l’irrigation de précision.

– Utiliser l’eau en milieu rural ou urbain pour réduire, par évapotranspiration, le stress hydrique et les pics de chaleur. L’eau sera une solution à la crise climatique.

– Constituer pendant les périodes d’abondance des réserves artificielles ou naturelles à la mesure des besoins.

A propos Éric Landot

Avocat fondateur du cabinet Landot & associés, partenaire juridique de la vie publique.