Covid-19, eaux de baignade et eaux issues du milieu naturel

Dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, se pose la question de la fréquentation des baignades et de l’utilisation des eaux issues du milieu naturel.

L’analyse de la littérature scientifique ne permet cependant pas de confirmer, à ce jour, la présence de SARS-CoV-2 infectieux dans les eaux du milieu naturel.

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a donc rendu un avis à ce sujet en date du 1er mai 2020.

Cet avis ne porte pas sur l’eau potable. Il porte :

  • sur les eaux de baignades naturelle (hors bassins de natation et de cure), y compris les plages (qui donnent lieu à des développements spécifiques dans l’avis du HCSP) 
  • et sur certains autres cas d’usage d’eaux brutes ( « eaux directement issues des milieux naturels et non traitées sont parfois utilisées pour les nettoyages des espaces publics, de véhicules, l’irrigation et l’arrosage des espaces verts urbains voire des bassins et fontaines ou cascades décoratives »), comme l’usage qui a commencé à engendrer un début de polémique à Paris. 

Cet avis, détaillé, mérite d’être analysé.

Voici cet avis :

hcspa20200501_covibaigeteauxissudumilinatu

 

Le HCSP y précise notamment que le contrôle sanitaire ne reposant que sur des paramètres bactériens, il reflète une contamination par des rejets de matières fécales, mais pas une prédiction de la présence du virus SARS-CoV-2 infectieux.

Si cette présence était supposée, une analyse du risque d’infection transmise pourrait éventuellement se justifier pour les eaux à forte pollution fécale.

 

I. Cas des eaux de baignade

 

Le HCSP rappelle que, dans le cas des baignades et de leur environnement, c’est le respect strict des mesures de distanciation physique qui constitue un élément fondamental et prioritaire de prévention générale d’infection par le SARS-CoV-2. Il recommande de porter une attention particulière, pendant la phase de déconfinement, en augmentant la fréquence de surveillance de la qualité des eaux de baignade en matière de contamination fécale avec, si nécessaire, des mesures de fermeture anticipées pour les sites connus pour leur dégradation lors d’épisodes pluvieux. Il déconseille les baignades sur des sites ne faisant pas l’objet d’un contrôle sanitaire règlementaire.

Nous conseillons vivement aux communes qui envisagent de réglementer à l’avenir les baignades en rivière, en lac ou même en bord de mer, ainsi qu’aux gestionnaires de bases de loisirs (même si leur déconfinement n’est pas pour demain) et autres de lire attentivement cet avis, précis, du HCSP sur ce point. 

 

II. Cas des « eaux directement issues des milieux naturels et non traitées sont parfois utilisées pour les nettoyages des espaces publics, de véhicules, l’irrigation et l’arrosage des espaces verts urbains voire des bassins et fontaines ou cascades décoratives »

 

Puis le HCSP traite d’un autre sujet, qui est celui des eaux brutes utilisées à des fins publiques ou privées sans traitement.

Ne pouvant exclure la présence de virus SARS-CoV-2 infectieux dans les eaux du milieu naturel, le HCSP recommande, dans l’attente de nouvelles données, autant que possible et pendant la période de déconfinement, l’utilisation d’eau destinée à la consommation humaine du réseau public pour les usages d’hygiène publique (nettoyage des espaces publics, des véhicules..) ainsi que l’irrigation et l’arrosage des espaces verts urbains et les alimentations des bassins et fontaines ou cascades décoratives. La priorité doit rester de fournir de l’eau de consommation à la population. S’il ne peut être réalisé avec de l’eau du réseau public, le nettoyage des espaces publics peut être maintenu, de préférence la nuit, avec les eaux du milieu naturel utilisées précédemment, mais en excluant l’usage de générateurs d’aérosols et en utilisant des arrosages au tuyau sans jet puissant et qui limite les pulvérisations de fines gouttes.

 

ATTENTION CELA DIT À NE PAS CONFONDRE EAU ET EAU.

Le HCSP ne vise pas là l’usage de l’eau du réseau de distribution publique d’eau portable.

Cette eau EST et RESTE potable et utilisable. Voir par exemple :

 

Rappelons que cet avis porte :

  • sur les eaux de baignades naturelle (hors bassins de natation et de cure), y compris les plages (qui donnent lieu à des développements spécifiques dans l’avis du HCSP) 
  • et sur certains autres cas d’usage d’eaux brutes ( « eaux directement issues des milieux naturels et non traitées sont parfois utilisées pour les nettoyages des espaces publics, de véhicules, l’irrigation et l’arrosage des espaces verts urbains voire des bassins et fontaines ou cascades décoratives »)

Ce dernier cas correspond aux cas d’usage de l’eau brute non traitée, qui a tant donné lieu à polémiques notamment dans le cas de la ville de Paris. Pour un point de vue vif à ce sujet (mais non consensuel techniquement), voir par exemple l’article du toujours stimulant M. Laimé :

 

Au passage, rappelons que le HCSP estime qu’il ne faut pas désinfecter les voiries :