Dans ce cadre, a été inscrit le rapprochement, au sein d’une même entité, des services en charge de la cohésion sociale (directions régionales et départementales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale et directions départementales de la cohésion sociale) et de l’insertion professionnelle (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Il s’agissait notamment de matérialiser, dans l’organisation de l’État, les principes et objectifs du nouveau service public de l’insertion et de l’emploi.
Or, la Cour des comptes vient de diffuser un rapport d’observations définitives qu’elle résume elle-même en ces termes :
« Ces évolutions sont intervenues dix ans à peine après la précédente réforme de l’administration territoriale de l’État, entrée en vigueur en 2010, imposant ainsi à ces directions des processus de réorganisation successifs les mobilisant plus de la moitié de leur temps.
« Malgré l’ampleur de ces transformations, la réforme n’a pas fait l’objet de travaux préparatoires suffisants, notamment en vue de préciser les conditions et modalités de création des nouvelles entités et anticiper les conséquences matérielles de cette réorganisation. Sa mise en œuvre a également souffert d’importantes divergences de vues entre les administrations centrales concernées quant au sens et à la portée de cette réforme. Cette impréparation manifeste a été aggravée par la crise sanitaire de mars 2020 s’étendant jusqu’en année 2021.
« À date, le bilan de la création des directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) et des directions départementales de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETS-PP) se révèle pour le moins mitigé. Les synergies entre services, si elles se développent, demeurent encore trop éloignées des objectifs initiaux. Elles dépendent plus souvent des dispositifs eux-mêmes, lorsqu’ils sont conçus à l’échelle nationale dans une logique transversale, que des initiatives locales. Si l’échelon territorial a entrepris sa mue vers plus de transversalité, les administrations centrales tendent à faire durer les modes de fonctionnement antérieurs. La réforme a accentué la différence des rôles attendus entre l’échelon départemental davantage spécialisé dans la mise en œuvre des politiques publiques et la gestion de crise, quand l’échelon régional se trouve repositionné sur un rôle davantage stratégique et le pilotage à moyen et long terme.
« La Cour estime nécessaire de stabiliser les nouveaux périmètres d’action et de réfléchir désormais en termes d’organisations-socles ajustées en fonction des besoins. Elle recommande ainsi de mener à son terme, sur l’ensemble du périmètre d’intervention des Dreets et DDETS-PP, l’exercice de revue des missions et de déterminer les missions du réseau des Dreets et DDETS-PP pouvant faire l’objet d’une organisation à l’échelon interdépartemental, sans dégrader la capacité d’action de l’État.»
Ce qui conduit la Cour à 4 recommandations :
- Recommandation n° 1 : (secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales). Confier au comité exécutif une mission de régulation des sollicitations adressées au réseau des directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) et des directions départementales de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (Ddets-pp) et la vérification de la cohérence des initiatives portées par les directions centrales.
- Recommandation n° 2. : (secrétariats généraux des ministères chargés des affaires sociales, du ministère de l’intérieur, des ministères économiques et financiers et de l’agriculture) Élaborer un plan de formation global des membres des équipes de direction permettant l’acculturation à l’ensemble des missions exercées par les Dreets et Ddets-pp.
- Recommandation n° 3. : (secrétariat général des ministères des affaires sociales) Mener à son terme, sur l’ensemble du périmètre d’intervention des Dreets et Ddets-pp, l’exercice de revue des missions.
- Recommandation n° 4. : (secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales) : Déterminer les missions du réseau des Dreets et Ddets-pp qui peuvent faire l’objet d’une organisation à l’échelon interdépartemental, sans dégrader la capacité d’action de l’État.
Voici ce rapport (5e chambre) :
https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-04/20240429-S2024-0237-Creation-Dreets-DDETS.pdf

SUR CE SUJET, VOIR UNE PETITE VIDÉO EN DATE DU 14 JUIN 2021
• M. Paul Boulvrais
Maire de Saint-Gauzens (Tarn), Vice-Président de Gaillac-Graulhet agglomération
Ancien administrateur civil, ancien sous-préfet et ancien membre de cabinets ministériels.
• M. Romain Varène
Associé Eurogroup Consulting, Secteur Public
Il s’agit d’une reprise d’un dossier extrait de notre chronique vidéo bimensuelle, intitulée « les 10′ juridiques ».
Voir aussi :
- Une importante circulaire sur l’organisation territoriale de l’Etat
- Le Premier Ministre veut accérer la déconcentration budgétaire et humaine de l’Etat
- Préfectures, sous-préfectures et autres services déconcentrés de l’Etat : la Cour des comptes propose des réformes précises, nombreuses, mais pas radicales
- Les préfets demeurent, mais la préfectorale se meurt
- DREETS (ex-DIRECCTE) : mise en place opérationnelle
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- Une déconcentration de plus : celle de l’appellation « musée de France »
- Vaste mouvement de déconcentration en matière de patrimoine et de culture
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- Services déconcentrés de l’Etat : chaque région aura un comité interministériel régional de transformation des services publics (JO de ce matin)
- etc.

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